Au coeur des forêts de chênes verts, dans les Pyrénées Orientales, Sainte Marie de Serrabona est une église fondée au XIème siècle. En 1082, une communauté observant la règle de Saint Augustin s'installe, les religieux mènent une vie en autarcie et assurent le service paroissial. Au XIIème, ils construisent le cloître, la salle capitulaire, le réfectoire, le dortoir et dans l'église, la magnifique tribune en marbre rose. En 1151, l'église rurale transformée en prieuré est consacrée, cette cérémonie est matérialisée par des croix gravées dans les murs de la nef et de l'abside. En 1592, tous les prieurés augustins d'Espagne sont supprimés. Un an plus tard, l'ensemble des biens est donné au nouveau diocèse de Solsona en Catalogne qui le conserve jusqu'en 1896. L'église Sainte Marie reste pendant deux siècles la paroisse du petit village de Serrabona. Bergers et troupeaux se réfugient occasionnellement dans le cloître ou dans l'église, en 1819, un effondrement partiel de la nef se produit, en 1822, la commune de Serrabona pauvre et dépeuplée est supprimée. Remarqué par les archéologues et visité par Mérimée en 1834, le prieuré devient l'un des tout-premiers "monuments historiques". A partir de 1836, des travaux de consolidation sont réalisés, complétés au XXème siècle par de nombreuses campagnes de restauration qui vont assurer le sauvetage de l'édifice. Aujourd'hui, il est ouvert au public, au bout d'une longue et étroite route, serpentant entre les arbres.













