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SENEZ

Petit village rural des Alpes de Haute Provence que l'on atteint après avoir passé un pont en dos d’âne sur l’Asse, achevé en 1770, premier et seul pont lui donnant un accès. Paisiblement situé au milieu d'une nature verdoyante et entourée de collines boisées, il est un exemple de ces minuscules évêchés de Provence dont l’église aux dimensions sans rapport avec la taille du village, rappelle aujourd’hui l’ancien statut (le moins connu, le plus petit et le plus pauvre). Au IIème siècle, "Salinensium" est une civitas de la province des Alpes-Maritimes, située sur la voie romaine qui relie Vence à Sisteron. Evangélisé très tôt, le territoire devient un des plus anciens évêchés de France. Marcellus en 506 est son premier évêque connu. Les deux évêchés de Salinae (Castellane) et Eturamina (Thorame) lui sont rattachés. Jusqu’au Xème siècle, la cité vit au rythme des invasions barbares qui se succèdent, libérée des sarrasins, la provence vit deux siècles de prospérité et de paix, au XIIème siècle, construction de la cathédrale de de style roman provençal. Au XVème siècle, les évêques résident de plus en plus à Castellane et partagent les pouvoirs sur la seigneurie avec les Pontevès, du XVI au XVIIIème siècles, les Gautier prennent la suite comme co-seigneurs. En juillet 1790, l’évêché est supprimé, les biens sont vendus en 1793 ainsi que tout le mobilier de la cathédrale et du séminaire. Les guerres de religion entraînent des destructions mais après la promulgation de l’Edit de Nantes et jusqu’en 1620, Senez reste une des dernières places fortes des protestants en Provence.

Sur la façade, un cadran solaire daté de 1674, repeint en 1784, restauré en 1999.
Notre Dame des Clos - Sur les hauteurs du village, chapelle qui daterait des années 1950, en remplacement d'une chapelle antérieure au XVIIème siècle, brûlée lors de la seconde guerre mondiale.
Palais épiscopal. Etroitement lié à la personnalité de Monseigneur Louis-Jacques-François de Vocance, évêque de 1741 à 1756 qui décida de faire élever un palais à Senez même. Il obtint l’autorisation de Louis XV de démolir l’ancien château sur la Roche, incommode d'accès et d’en récupérer les matériaux pour la construction du nouvel édifice avec la contribution de la population. Il mit fin à l’exil volontaire de ses prédécesseurs à Castellane tel Monseigneur Jean Soanen qui y possédait son propre hôtel particulier. Vendu à la révolution comme bien national et loti. Le bâtiment, qui n’est pas protégé au titre des monuments historiques, a subit des transformations profondes qui l’ont dénaturé.
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